#358 Histoires de boulot … (2/2)

Dans l’article précédent je parlais d’une collègue – la seule – qui avait fini par s’habituer à la personnalité de la folle. Elle m’a révélé son secret : elle s’apprête à quitter la boite ! Je m’imagine déjà en panique seule en tête-à-tête avec la folle … Heureusement le timing est parfait : j’apprends ça juste avant mon rendez-vous avec le psychiatre.

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J’explique, je pleure. Selon lui ce que je ressens est normal et ce type de personne / personnalité peut désorganiser tout un service. Et moi, au milieu de tout ça … je suis fragile ! Enfin non : je suis « fragilisée ». Par ce qu’il s’est passé avec mon père (je n’y pensais pas / plus du tout) (c’était avant la nouvelle hospitalisation) et bien sûr par la PMA.

Sauf qu’il m’explique que c’est la médecine du travail qui a le pouvoir de faire bouger les choses. Que je ne peux pas être être mise en arrêt de travail durant trois mois. Panique dans mon cerveau : « Donc là je dois retourner bosser ?! » Re larmes. Il a eu pitié de moi et m’a « offert » dix jours loin de la folle. Soulagement temporaire.

En sortant de son cabinet j’appelle la médecine du travail. Pas de rendez-vous avant trois semaines. Mais le timing se goupille bien : arrêt de travail >> retour au taff durant la semaine où la folle est en congé >> rendez-vous avec le médecin du travail. Je mets N+2 et DRH au courant, parce que je veux être la plus transparente possible. Et aussi parce que j’espère que mon arrêt + ma demande de visite médicale les secoueront un peu et qu’ils m’offriront une option avant que j’ai besoin de passer par le médecin du travail. On peut toujours rêver un peu hein ! En attendant je décide de ne pas travailler durant mon arrêt. J’écris clairement à N+2 que je suis « dispo pour discuter à mon retour » (sous-entendu : ne m’emmerde pas pendant mon arrêt de travail). Elle me cale direct un entretien le jour de ma reprise.


Dix jours plus tard, sur le chemin du retour au travail, surprise !

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Génial …

La première question de la folle quand elle me voit :
« – Tu étais en arrêt maladie ou en vacances ?
– En arrêt.
– Pourquoi ?
– Je ne veux pas en parler. »
Fin de la discussion. Ambiance glaciale dans le bureau.
Trois heures plus tard, j’apprends qu’elle est allée interroger d’autres collègues pour savoir pourquoi j’avais été arrêtée … Me voilà directement replongée dans le bain.

N+2 m’a ensuite reçue dans son bureau. Elle a bien joué son coup, elle a été très compréhensive, genre la manager qui a fait une formation express en psycho de comptoir. Du coup j’ai vidé mon sac : la folle, mon père (actuellement en réanimation, autant vous dire qu’on est pas vraiment sereine avec ma mère et ma soeur) et la PMA. Concrètement elle ne peut pas m’autoriser du télétravail pour des raisons autres que purement médicales. Et il n’y a aucun bureau libre où je pourrais m’exiler. Je n’ai donc pas d’autres choix que de me coltiner la folle encore deux mois. Mais j’ai la chance d’avoir un gros stock d’heures supplémentaires (+/- 60 heures). « Tu peux les poser quand tu veux, je te validerai tout. Et tu peux décaler et gérer tes heures comme tu le souhaites, par rapport à tes rendez-vous médicaux ou tes visites à l’hôpital pour ton père. » Bingo, c’est bien joué, ça me détend. De toutes façons je comprends bien que la situation est bloquée. Pour deux mois, est-ce que ça vaut le coup de me faire chi** avec la médecine du travail ? La flemme … J’annule ma visite médicale.

N+2 me reparle de la proposition de travailler à temps plein début 2020. La suite de mon parcours PMA dépend de ma réponse … Finalement ce ne serait que pour un mois et demi. Je voulais faire ma chieuse sur les heures complémentaires, normalement majorées de 25% lorsqu’elles dépassent un dixième de la durée contractuelle. J’attends encore la proposition financière de la DRH mais je pense accepter de toutes façons.


Conclusion PMesque de tout cela : Lucien et moi avons finalement arrêté un planning. Dernière IAC avant fin 2019 et rendez-vous de préparation de la FIV DO fin janvier / début février 2020 (à la fin de mon temps plein). Ensuite la machine sera (enfin) définitivement lancée.

17 réflexions sur “#358 Histoires de boulot … (2/2)

  1. Bon ça va ta N+2 a l’air de pas mal te soutenir dans tout ça. Même si concrètement ya pas beaucoup de solutions… en tous cas tu as su prendre le taureau par les cornes et admettre que tu avais besoin d’aide. Pensées pour ton papa

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  2. Hello Lucienne, je te souhaite à ton papa et à ta famille tout le courage du monde et qu il se rétablisse très vite (la réanimation c est très dure pour les patients et pour les familles mais en général les médecins sont très à l écoute, tu peux appeler 24h/24 pour avoir des nouvelles).

    Aimé par 1 personne

    • J’y suis allée avec ma soeur hier et effectivement c’est assez violent. 😕 C’est pas des chambres, c’est genre un grand dortoir avec des paravents. Ça fait un peu fourmilière, avec les bips et tout. Il n’y a pas de réseau donc les portables ne passent pas 👎 mais on peut appeler le service et même venir H24 a priori. Et les médecins sont très dispos effectivement ça c’est cool.

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  3. Ah bah tu me rassures, c ‘est pas moi qui suis folle : au bureau beaucoup (trop) de gens demandent pourquoi tu es en maladie et se renseignent ailleurs si tu eludes… Pareil quand tu pars plus tot/arrives plus tard…Incroyable ce que les gens sont intrusifs!
    J’ai aussi eu l’immense bonheur d’avoir une chef qui ressemble beaucoup a ta folle dans mon bureau en prime et pendant 2 ans . Elle faisait des remarques sur tout tout le temps, elle se melait de tout et était super intrusive, pas de bol en plus c’était ma chef. C’était mon 1 er travail et j’étais a bout, elle m’a foutu en depression d’ailleurs… Par contre tout l’étage passait sa vie dans son bureau discuter des derniers potins (autant te dire que c’était complique de travailler…), elle etait appreciée des autres cote perso.
    Au bout d’un moment j’ai decide de combattre le mal par le mal (c’est pas bien je sais mais je n’en pouvais plus et je n’ai trouvé que cette solution pour qu’elle se rende compte de ce que ca fait) et je me suis mis a faire comme elle, des petites remarques intrusives qui tapent la ou ca fait mal, Ben ca a marché du tonnerre elle ne m’en a plus jamais fait (enfin beaucoup moins, on ne peut pas demander la lune quand meme 😉 ).
    Apres ma chef avait l’air moins « folle » que la tienne mais ca vaut peut etre le coup d’essayer si tu te sens de le faire. Apres, c’est sur qu’íl faut qu’elle soit douée d’un minimum d’empathie ce qui n’a pas l’air d’etre son fort.
    Des pensées pour toi et ton papa

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    • Hé ben t’as été gâtée toi aussi ! 😆
      Le truc c’est que je lui « pardonne » facilement, parce que je connais sa pathologie. J’étais psychomotricienne avant et j’ai bossé avec ce type de personnes / patients donc j’ai un bon côté empathie pour le coup !
      En ce moment je prends le contrepied de ce que tu décris : je suis sympa (hier par exemple suis allée l’aider parce qu’elle arrivait pas à faire de l’eau chaude avec la fontaine à eau de la cafétéria … ouai elle est vraiment pas douée, sur tous les plans) mais par contre je ne laisse RIEN filtrer sur ma vie. Je tiens au courant mon autre collègue (que j’apprécie beaucoup et qui est « normale ») mais toujours quand la folle n’est pas dans les parages. Et pour l’instant c’est gérable. Elle est toujours aussi fatigante à parler non-stop, mais ça ça ne changera jamais je crois ! 😆

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