#349 Yogi-zarreries & confidences …

S’ancrer dans la terre.
Allonger la colonne vertébrale.
Gonfler le ventre et la cage thoracique.
Respirer dans les hanches.
Ouvrir les espaces.
Faire de la place.

[Si vous êtes familiers des cours de yoga, vous avez forcément déjà entendu des expressions perchées dans ce style.]

Je me faisais récemment la réflexion complètement idiote que le yoga allait forcément m’aider à tomber enceinte. Ça fait maintenant un an que je pratique assidûment. Mon corps a changé. De l’intérieur évidemment : tout y est plus souple / plus mobile et certains muscles sont plus forts. Mais il a aussi changé visuellement. Avant j’avais un physique typique de meuf qui court trop en ne mangeant pas assez : jambes musclées / haut du corps presque maigre. Mon poids n’a pas bougé d’un iota mais les « masses » sont maintenant mieux réparties et l’ensemble est plus harmonieux (à mes yeux hein, parce que les goûts et les couleurs, tout ça tout ça). Je cours beaucoup moins, donc moins de cardio / d’endurance. Je ne sais pas si c’est une représentation délirante ou si ça correspond à une réalité physiologique, mais j’ai l’impression que je « puise » moins dans mes graisses. Je garde mon gras pour être une terre la plus accueillante possible pour un éventuel embryon. Avec des idées pareilles, je pense que j’ai un avenir en tant que prof de yoga au vocabulaire chelou.

De la même façon que mon corps a changé, mes schémas de pensée et mon fonctionnement psychique ne sont plus les mêmes. Pour reprendre mon exemple de bouffe et de sport : j’ai des troubles alimentaires depuis des lustres. Je pourrais objectivement écrire « j’avais » plutôt que « j’ai », mais je suis intimement convaincue que ce genre de maladies – anorexie, boulimie et variantes diverses et variées – ne guérit jamais totalement et reste tapie dans un coin, prêt à resurgir dans les moments difficiles (il n’y a qu’à voir mon état / mon repas la veille de l’IAC pour en avoir la preuve). Avant je rejetais en bloc ces compulsions alimentaires. Ça me mettait mal, physiquement et psychologiquement. J’essayais de les éviter et quand ça arrivait je culpabilisais, me promettant de me nourrir « proprement » à l’avenir. Un grand classique. Aujourd’hui j’ai fait la paix avec tout ça. J’accepte de manger « mal » ou « trop » sans compenser ni penser que je dois « me reprendre en main » ou « faire mieux ». Le yoga, avec sa douceur que ne possède pas la course à pied, m’a appris à gérer ça avec bienveillance. J’en suis la première étonnée. Soulagée aussi.

Je pars un peu dans tous les sens. L’idée de base que j’essaye d’exprimer, c’est que tout ce cheminement que j’ai fait depuis un an grâce au yoga (en plus de celui que je fais depuis quinze ans / depuis le début de mes troubles alimentaires) va m’aider à être enceinte un jour. Quand et comment, je n’en sais rien. Mais j’en suis profondément persuadée, quitte à passer pour une véritable illuminée. [Bon en vrai je partage cela seulement ici hein, parce que je ne suis pas sûre d’assumer ce délire dans ma « vie normale ».]

J’ouvre les espaces et je fais de la place, dans mon corps et sans ma tête. J’accueille mes émotions – et tout ce qui vient – sans jugement. En yoga on parle parfois de « Sankalpa ». Il s’agit d’une intention : « une dédicace, un vœu, une résolution ou une attention particulière que nous développons pour créer un changement en nous-même ou dans notre manière d’interagir avec  le monde ». Depuis que l’on m’a enseigné ce concept, mon Sankalpa s’est imposé comme une évidence : « je prends soin de moi ». J’ai perdu passé trop de temps à me faire du mal pour un idéal qui n’existait que dans ma tête. Les choses changent enfin, à bientôt 33 ans et en partie grâce au yoga. « Trust the timing of your life » il parait. J’ai confiance. Je patiente sereinement.

22 réflexions sur “#349 Yogi-zarreries & confidences …

  1. Ce matin il y avait atelier méditation au boulot. Et bien sûr les participants pratiquent bcp le yoga. L’animateur a dit un truc sur le sujet et dans ma tête je me suis dit « mais c’est sûr que ça va aider Lucienne à tomber enceinte ! »

    Donc trop drôle que ton article tombe justement aujourd’hui

    Ps1: punaise j’ai failli écrire ton vrai prénom !
    Ps2: j’ai pas pris mon stylo rouge désolée 😉

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    • Généralement tu viens au yoga juste pour le côté physique, genre pour gagner en souplesse ou pour te détendre. Et puis au fur et à mesure tu découvres que le côté physique du yoga c’est juste la partie immergée de l’iceberg, que le simple fait de pratiquer induit des modifications dans ta vie, plus ou moins selon ton assiduité j’imagine.

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  2. A mon premier cours de yoga je me suis mise à pleurer sans trop savoir comment ça avait pu déclencher ça (mais c’était une bonne chose parce que je retenais depuis longtemps), au moins j’étais directement prévenue, non le yoga n’est pas qu’une activité physique. Contente que ça te fasse tant de bien !

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    • Ça ne m’est jamais arrivé mais il parait que ce n’est pas si rare que ça !
      On dit que les émotions sont souvent « coincées dans les hanches » – encore un truc bien perché de yogi tiens – et que c’est grâce aux postures qui travaillent ce coin du corps qu’on peut relâcher tout ça. 😉

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    • Ah bah moi c’est l’inverse : j’aimerais me mettre à la méditation ! Mais j’ai beaucoup de mal, mon cerveau part vraiment dans tous les sens quand je me pose. C’est presque en faisant du yoga que je médite le mieux, parce que mes pensées sont focus sur les mouvements / les postures.

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