#313 Vers la fin de mon histoire d’amour avec le ZOLOFT ?

Tous les matins, j’avale mon comprimé de L-THYROXIN HENNING 75 mg (prescrit par l’endocrinologue) et ma gélule de ZOLOFT 50 mg (prescrite par le psychiatre). Le premier est censé réguler ma thyroïde (qui n’avait jamais posé le moindre problème avant que j’entre en PMA) et la seconde m’empêcher de (re) sombrer dans la dépression.

Tous les soirs, j’avalais mon demi-comprimé de LYSANXIA 10 mg (prescrit par le psychiatre). Pour débrancher mon cerveau et me permettre de passer une nuit correcte. Un week-end j’ai volontairement « oublié » de prendre cet anxiolytique. Je me suis pris dans la tronche tous les symptômes de sevrage, comme une vraie toxico. Sur le coup je me suis dit : « Plus jamais ! » Puis quelques nuits sans sommeil ont eu raison de mes grandes déclarations. Finalement j’ai refait les choses progressivement et ça y est : je dors sans anxiolytique. Pas énormément ni très bien, mais suffisamment pour mener une « vie normale ». Je conserve quand même toutes mes boites de LYSANXIA sous la main, quand je trouve que la vie est trop dure et que j’ai besoin de fuir dans le sommeil. Ça reste occasionnel et un seul comprimé suffit à me faire sombrer toute une après-midi.

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Lundi je revois mon psychiatre. Ça fait plus d’un an et trois mois que je suis sous ZOLOFT. J’ai envie d’arrêter, mais pas à l’arrache comme je l’ai fait avec le LYSANXIA. Je ne suis plus sûre que cet antidépresseur m’apporte autant qu’avant et j’ai envie de voir comment je peux m’en sortir sans.

Ma dernière séance d’hypnose portait sur l’idée / le concept que « tout est possible », qu’il y a des dizaines de chemins différents, qu’aucune porte n’est jamais close. J’aurais du mal à vous raconter ça de façon précise, mais je sens que ça (a) fait son chemin en moi. A propos de divers sujets futiles ou importants, et à propos des médicaments. Il y a encore quelques mois, j’aurais tué n’importe qui me suggérant l’arrêt du ZOLOFT. Aujourd’hui c’est moi qui vais demander au psychiatre si et comment je peux le stopper sans me mettre en danger.

J’ai bien conscience que cette molécule, la sertaline, m’a sauvé en me sortant du tas de merde dans lequel je m’enlisais. Mais aujourd’hui j’en vois ses limites. Ça n’a rien de magique. Si la biochimie de mon cerveau est redevenue normale, tout n’est pas résolu pour autant. Oui j’ai le recul nécessaire pour vivre ma situation sans avoir constamment envie de me pendre. J’arrive même à « profiter » de la vie, de ce qu’elle m’offre.

Mais le ZOLOFT ne peut rien contre ma tristesse de ne pas pouvoir fonder notre famille. Parce que cette peine est normale, légitime, saine et qu’elle ne m’empêche pas / plus de vivre. Le ZOLOFT ne peut rien non plus contre le fait que chaque réunion de famille du côté de Lucien m’angoisse de plus en plus, parce que je suis toujours là avec ma silhouette ultra-fine et sans bébé dans les bras, et ce sourire de façade qui se transforme en larmes dès que la journée se termine. Et aucun médicament au monde ne réussira à me faire accepter qu’il n’y aura peut-être jamais de bébé Lulu.

– Je me relis et la première chose qui me vient à l’esprit c’est : « Put*** mais en fait j’ai besoin de doubler ma dose de ZOLOFT, pas de l’arrêter ! » –

38 réflexions sur “#313 Vers la fin de mon histoire d’amour avec le ZOLOFT ?

  1. Ah ! la chimie…J’ai eu dans mon très proche entourage, des gens dépressifs (pas la déprime, je pèse mes mots) qui ont eu recours, sur prescription, aux cachets qu’on connait tous : Prozac, Valium, Lexomil, Xanax, Nordaz,…
    La différence avec toi, c’est qu’ils n’étaient pas suivis par un psy.
    Si tu sens que les cachets t’aident dans le cheminement de ta thérapie, c’est bien…
    Sinon…c’est comme les hormones en PMA.
    La chimie n’est pas la meilleure alliée de l’homme (ou de la femme).
    Surtout que tu es jeune…devenir accro à 60 balais, bon…tu me suis…mais à la trentaine, je te souhaite de trouver une autre voie d’apaisement.
    Bien amicalement.

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  2. Le changement c’est une porte qu’on n’ouvre que de l’intérieur 😉 Je crois que tu es sur le bon chemin, que tu as peut-être trouvé les soutiens adéquats et que tu as peut-être moins besoin des béquilles chimiques… Comme trèsbrillantebrunette, j’espère que tu trouveras d’autres voies pour gérer la douleur, l’accueillir et qu’elle ne t’empêchera pas de te réaliser.. quel que soit votre chemin… Pleins de bonnes ondes!!!

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    • J’avais écrit quelque part dans mon article « avec ma nouvelle béquille qu’est le yoga ». Finalement j’ai supprimé ce passage, parce que je me suis dit que c’était peut-être un peu trop perché / optimiste. Mais au fond de moi, je pense que ça peut clairement jouer sur ma façon d’appréhender la vie. 🙂

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  3. Le yoga reste une béquille immuable, donc, c’est aussi en quelques sortes sur ce genre de choses que tu peux t’appuyer. J’ai fait une vraie dépression en 2009 (je suis sortie pendant 1 an avec un mec qui faisait ses études en psycho, qui m’a retourné le cerveau et m’a fait prendre conscience que je n’avais jamais fait le deuil de mon père décédé 20 ans plus tôt). Si je n’avais pas eu un temps cette « béquille chimique », je serai sans doute passée à l’acte… « Elle » m’a permise d’ouvrir les yeux sur certaines choses de la vie et de me redonner l’énergie nécessaire à continuer de vivre. Alors si maintenant tu sens que c’est le bon moment pour dire au revoir à ce traitement, c’est que c’est le bon moment. Comme tu dis, la situation reste inchangée, mais tu as trouvé de nouvelles armes pour t’aider à surmonter les épreuves. Je t’embrasse Lucienne, bon courage

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  4. Chaque personne, chaque cas est différent. J’ai pris plusieurs fois dans ma vie anxiolytique et antidépresseur.
    La dernière fois j ai tellement galéré pour arrêter que je me suis promis “ plus jamais “.
    Après la mort de ma maman et sa lente agonie, l’anxiété , les troubles du sommeil ont fait leur retour. Je me suis soigné au CBD ou canbabidiol ,composant du cannabis non psychotrope,non addictif. Ça a été magique pour moi. Pourquoi ne gères tu pas la transition avec ça ? On a.’en cause par mail si tu veux.
    Dans tous les cas, si tu veux arrêter c’est que tu te sens plus forte, que tu remontes la pente, bravo. Bises

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  5. J’ai pris des anti-dépresseurs deux fois dans ma vie, la première fois parce que mon médecin traitant ne savait pas gérer mes douleurs quotidiennes (l’endométriose, on n’en parlait pas autant, il me pensait dépressive), la deuxième fois suite à un burn-out professionnel… Dans les deux cas, j’ai toujours insisté pour rester à un très petit dosage et arrêter au bout de quelques mois ! La première fois, je n’avais guère adhéré, j’avais l’impression d’avoir perdu toutes mes émotions, c’était assez bizarre ! La deuxième fois, ça m’avait clairement aidée à ne pas sombrer davantage (quand galères au boulot et échecs de pma s’entrecroisent…).
    Je comprends ton envie d’arrêter tout ça et j’espère que ton psychiatre te suivra sur cette voie 🙂

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  6. Bon courage Lucienne. Je pense que tu as bien su analyser ta situation et ça parait hyper raisonnable comme façon de procéder. La tristesse de ne pas arriver à fonder la famille dont tu rêves tant ne peut pas en effet disparaître avec une pastille magique (sinon, file-moi bien volontiers le nom), mais ça tu l’apprivoisera à ton rythme et avec ton vécu, ton réseau de soutien et ta force. Ou pas, parce que tout les espoirs restent encore permis!

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  7. L’envie de s’en sortir et d’arreter est plus forte que n’importe quelle molécule !
    Suis ton instinct, personne ne te connait mieux que toi ! et effectivement fais toi accompagner pour le faire en douceur !
    Beaucoup de personnes / médecins autour de moi me conseillent de prendre quelques douceurs pour voir la vie différemment… pour moi ce ne serait que le moyen de « camoufler » mon malheur. Il est là, il est présent alors pourquoi le camoufler ?! J’apprends à vivre avec, c’est tout, même s’il est clair que ça ne me rend pas forcément facile à vivre tous les jours pour mon entourage 😉
    Écoute-toi !!!!!!!!!! Fais-toi confiance 😉 !

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