#188 Ma vie entre parenthèses …

parenthesesC’était il y un an. L’été dernier. Notre premier rendez-vous en PMA. Ce n’était pas encore Madame-Hope, mais j’avais déjà commencé à sniffer du SYNAREL pour bloquer mes ovaires. Il y a ensuite eu quelques péripéties, un changement de docteur et finalement la première FIV. Pour le résultat qu’on connaît.

Aujourd’hui quand je regarde ces 12 derniers mois, je ne vois rien. Rien d’autre que la PMA. Mon année a été rythmée par cela : prises de sang, blocage des ovaires, stimulation, échographies, ponction, arrêts de travail, ménopause artificielle, attente, transferts, résultats … Je n’arrive même pas à me souvenir si nous sommes partis en vacances … (après un rapide coup d’œil à mon agenda : non nous ne sommes pas partis en vacances depuis juin 2016). La seule chose vraiment positive que je retiens de ces derniers mois, c’est ma découverte du parachutisme et de son petit monde. La meilleur truc 100% égoïste que j’ai fait pour moi-même, après l’opération au laser de ma myopie.

Cette année j’ai regardé la vie passer devant moi. Il y a eu Noël, les anniversaires, quelques naissances … Toutes mes amies sont maintenant mamans et je peux compter sur les doigts d’une main (et encore, je suis large) le nombre de fois où je les ai vues. Tout a défilé sans que je sois réellement là. L’expression « faire acte de présence » a pris tout son sens. Et la plupart du temps, tous ces événements normalement joyeux m’ont fait l’effet d’une véritable corvée (que j’ai évitée chaque fois que j’ai pu). J’ai récemment terminé le bouquin « Un jour, je suis morte » (je ne vous le conseille pas) et j’ai compris que c’est moi la morte-vivante : je fais semblant mais rien n’a de sens. Je me sens aussi vide que seule. Et quand cette sensation est trop forte, je comble le tout à grands coups de nourriture et de Lexomil.

À me lire, on pourrait croire que je suis profondément triste ou déprimée. Mais ce n’est même pas le cas. Je suis indifférente, et c’est peut-être pire finalement. Ma vie pourrait se résumer à ce mot : attendre. J’attends qu’un embryon veuille bien prendre place dans mon ventre, pour à nouveau réussir à me projeter de façon positive dans l’avenir et la réalité.

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32 réflexions sur “#188 Ma vie entre parenthèses …

  1. Le Lexo, qu’est-ce j’ai déjà écrit ? 😜
    Je trouve génial que tu aies fait du parachutisme mais je pense que toi et Lucien devriez plus profiter de la vie. Elle est courte. Je ne sais plus où j’avais lu ce commentaire sur WordPress mais une nana avait vécu que PMA avec son mari. Et peu de temps avant la naissance, ce dernier est mort. Non seulement elle a eu du chagrin (normal) mais elle s’est rendue compte qu’ils n’avaient pas assez profité, que tout était fixé PMA.
    Bref, profite.
    Courage ! 😘

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  2. La PMA suspend le temps et l’étire à la fois. Elle t’enferme dans cette parenthèse que tu décris si justement.
    A l’instar de tes sauts en parachutes, je te souhaite sincèrement de trouver un jour un souffle qui te portera loin de tout ça ou tout du moins qui te permettra de glisser plus sereinement sur les événements.

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  3. Chère Lucienne, Si tu savais comme tes mots me touchent… Je ne dis même pas que j’aurais pu écrire les mêmes il y a quelques mois, j’ai VRAIMENT écrit les mêmes il y a quelques mois (dans mon journal de jeune femme infertile, un truc pour me défouler, tout un programme). Peu de temps après j’ai vu ma psy (qui était assez géniale), et qui m’a dit que non, maintenant, il fallait vivre. Pas attendre de vivre. C’est bizarre, mais ses mots m’ont fait me bouger.
    J’ai enfin décidé de réserver ce voyage en Afrique dont je rêvais et qu’on repoussait parce que « ben si jamais t’es enceinte? » (la bonne blague!), j’ai décidé de faire des choses pour moi, j’ai commencé à être un peu indifférente à toutes ces questions de cycles/chances/commencer vraiment la PMA.
    Le croiras-tu? Je suis tombée enceinte à ce moment là. Je ne dis pas que c’est parce que j’ai arrêté d’y penser hein (j’y pensais tout le temps), j’ai juste eu un énorme coup de bol, de ceux dont je pensais qu’ils n’arrivaient qu’aux autres. (Je n’ai jamais été aussi contente de perdre de l’argent en annulant ma réservation pour un voyage). Mais à ce moment là, j’avais un peu plus de légèreté dans ma vie, ce qui m’a fait énormément de bien.
    Je tout souhaite évidemment un aussi gros coup de chance que le mien, mais, en attendant, essayez de prendre soin de vous, de penser à vous… Ça ne peut en tout cas pas faire de mal, comme dirait l’autre…

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  4. Même ressenti ici, avec un anniversaire de début de pma qui se profile, et la sensation d’une attente dans le vide depuis de longs mois, pendant que la vie des autres défile. J’aurais tendance à te recommander de doubler les doses de parachutisme qui te font du bien (et à arrêter les lectures pourries ;-)). Du courage ma belle Lucienne. On est plusieurs dans cette putain de salle d’attente, alors on va se serrer les coudes pour affronter toute cette merde. Bisous

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    • Je déménagerais juste à côté du centre de parachutisme si je le pouvais ! ^^
      Même si c’est triste, ça me rassure de lire que je ne suis pas la seule à avoir l’impression d’être « à côté de la vie » en ce moment.

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  5. Tous tes mots me sont tellement familiers… selon moi, l’entrée en PMA nous force à réapprendre à vivre autrement. Se réjouir autrement des anniversaires, des fêtes, de tous ces petits moments qui peuvent paraitre anodins mais qui, au final, regorgent de bonnes ondes. J’espère de tout cœur que tu réapprendras vite! Je t’embrasse fort.

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    • C’est déprimant de penser ça, mais je me demande si j’arriverai à nouveau à me réjouir de ses événements si jamais la vie décide que je n’aurai jamais d’enfants … Enfin on en est pas encore là !

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  6. Je pense que ton livre t’a plombé le moral, en + anniv PMA = dur dur ; mais miss, sache que t’es forte, t’as réussi 1 année de parcours du combattant ! T’as négocié le virage de la PMA sans que le couple explose, et débroussaillé cette merde de traitements pour l’année prochaine que tu pourras aborder + sereinement. Bref ce n’est pas du boulot perdu du tout. Et en + sauter en parachute, te découvrir une nouvelle passion, des nouveaux potes.
    Bises, plein de courage !

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    • Ah ah, c’est sûr que ce bouquin ne m’a pas aidé ! ^^
      Oui on a déjà traversé une FIV de bout en bout, on sait maintenant à quoi s’attendre. A nous d’essayer de prendre du recul sur la prochaine, de ne pas se laisser engloutir.

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  7. Cet article ressemble tellement à mon ressenti…
    en fait j’aimerai juste savoir si ce parcours aura une belle issue. C’est tout…
    J’ai peur de me battre et subir ça « pour rien ».
    Si seulement on pouvait nous dire « oui vous l’aurez votre bébé, c’est certain à 200%, mais il faut passer par un parcours très très compliqué » alors j’arrêterai de pleurer, flipper et je supporterai mieux cette attente.
    Mais là, j’en ai marre. Marre de faire des tests de grossesse entre les essais PMA, marre d’attendre tous ces rdv avec les docteurs pour chaque protocole, marre de l’hôpital, marre de penser à l’annonce de la grossesse que j’ai imaginé pour mon mari et à ma famille, marre de penser à un prénom que j’attends inlassablement de donner, marre d’imaginer la chambre qu’on lui préparerait, marre d’imaginer rentrer dans les magasins pour bébé pour faire notre liste.
    C’est une torture de passer devant ces magasins et de recevoir des pubs de produits de nurserie.
    Bref je me dis que je suis pas seule, et attendant, on essaye de profiter de la vie et avons décidé de partir pdt cet été 2017.
    Mais de septembre jusqu’à Noël, on se consacre à nouveau à 100% à la PMA

    Courage à toutes

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    • Moi je n’arrive même pas à visualiser l’issue si ça ne fonctionne pas … Je ne peux m’empêcher parfois aussi d’imaginer la grossesse, la chambre, la vie avec un bébé.
      Courage à toi ! Ce sera bientôt notre tour !

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  8. J’ai parfois dit à mon homme, quand on était en PMA, que j’avais l’impression de ne pas vivre. Le fait d’être toujours dans l’attente de quelque chose, dans un délai relativement court à chaque fois, fait qu’on arrive pas à s’engager sur autre chose. C’est usant.
    Luttez contre ça, préparez vous des petits we, des vacances, il y a des choses à faire passer avant la PMA parfois 😉

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    • C’est exactement ça : je ne « vis » pas dans ma routine, j’attends seulement. C’est pour ça que mes week-ends de parachutisme me font tellement de bien : là-bas j’oublie tout, vraiment !

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  9. Je crois qu’on a toutes eu ce moment où l’on se rend compte que notre vie est plus que rythmée par la Pma et qu’on en oublie l’essentiel..vivre à côté !
    Et ce n’est pas forcément évident d’arriver à jumeller les deux, la PMA demande beaucoup de disponibilités, d’investissement.. ça peut vite être épuisant !
    Quand j’ai décidé de faire ma pause il y a 6 mois c’etait le constat que j’avais fais, 1 an et demi de PMA, deux opérations, deux fiv, 3 transferts, j’étais à bout, j’avais l’impression de plus savoir qui j’étais, j’avais besoin de me retrouver, et vivre pour moi et pour mon couple. Ces 6 mois nous on fait le plus grand bien à tous les deux. On a pensé à nous, a profiter. Et j’aurai cru y arriver des mois avant , car j’aurai eu l’impression de perdre mon temps en Pma! Tout ça pour te dire, continues à sauter, tu as de la chance d’avoir trouver une activité qui te fait du bien, et octroyez vous des petits moments à deux pour être dans votre bulle! Ça fait du bien et ça permet de recharger les batteries 😉
    Et pour contrer ce livre qui t’a plombé le moral, je te conseille le livre de Giordano qu’on voit de partout,  » Ta deuxième vie commence qu’en tu as compris que tu en as qu’une  » , un vrai bijou ! 😉
    Je pense bien à toi pour la reprise des traitements 😘

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    • J’ai ressenti le besoin d’une pause après la ponction, parce que j’avais morflé physiquement et j’avais besoin de souffler. Mais ça n’a duré que quelques semaines. Je ne sais pas si j’arriverais à mettre de côté la PMA durant 6 mois. On ne peut pas complètement oublier ? Ça reste dans un coin de la tête non, malgré l’absence de traitements et de rendez-vous ?

      J’avais commencé ce bouquin mais pas accroché ! Trop perché pour moi le coup du médecin « routinologue » ! ^^

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  10. La PMA est un processus. Des fois je me dis que c’est bien que ça n’ait pas marché du premier coup. µParce que je n’aurais pas pris la mesure de ce qui m’arrivait. Et des fois je suis tellement en colère de ne pas pouvoir « tomber » enceinte de façon inconsciente et quasi irresponsable comme mes parents, et plein d’autres gens.
    La PMA c’est des moments de déprime, mais aussi quelque chose qui t’apprend à apprécier la vie différemment, à lâcher-prise sur des trucs qui te bouffaient la vie avant.
    J’aime à croire que rien n’arrive par hasard. Mais qu’on en verra le bout aussi hein!!!
    C’est marrant on a commencé en même temps. Juin 2016! Haut les cœurs!

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  11. J’imagine à quel point ce constat doit être douloureux. Je ne peux que te conseiller de continuer le parachutisme (ce qui est quand même une grosse grosse parenthèses!) Et peut-être également de trouver des bouffées d’oxygène à prendre à deux ? Courage… 😘

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  12. Comme ton billet d’humeur résonne en moi…
    Ma date anniversaire c’était il y a 1 an 1/2 car il y eut d’abord une année pour lancer le programme. Si on ne calcule qu’à partir des 2 fiv déjà passées, cela ne fait « que » 8 mois… Je n’aurais jamais cru qu’attendre soit un acte aussi énergivore. Je suis vidée. C’est comme si le quotidien n’était qu’une succession de soupes sans saveur. Tout ça parce que le seul met que je désire est « en rupture » dans mon corps et mon coeur. J’ai compris que les seuls shoots d’adrénaline qui m’atteindraient devraient être violents. Je ne saute pas en parachute mais je vais dans des parcs d’attraction. Et je vais me faire mon 1er tatouage dans quelques mois. J’ai testé pour vous « devenir hyper-active » et blinder mon agenda après la 1ère fiv et « subir l’été sans projet ni boulot » après la 2ème… Conclusion : pas de recette miracle pour mieux gérer la déception et la farandole émotionnelle qui s’arrime à elle. Juste patienter et faire semblant d’aller bien pour ne pas saouler/inquiéter ton entourage quand on te demande 2 mois après comment tu vas. Et toujours cette éternelle réponse : « quand il sera enfin là, tu oublieras tous ces sacrifices! » Ah oui?! Je n’y mettrai pas ma main à couper. Je crois fort que tout ce chemin s’imprime en moi. Sauf que mes cellules sauront mieux enregistrer d’autres messages « quand il sera là » comme ils disent. Pour l’heure, c’est comme si elles jouaient en boucle « Happy » de Pharel William… A la 1ère écoute, tu l’as adoré, tu t’es senti boostée et à force de l’entendre, tu trouves les accords et la paroles complètement absurdes et décalées.
    Enfin bref, je te comprends.

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    • Les shoots d’adrénaline et l’agenda blindé pour oublier, je connais. La plupart du temps ça fonctionne. C’est « l’après » qui est compliqué, quand tu reviens à la normale, à la « vraie réalité ».
      Courage à nous !

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  13. Je fête aussi mes un an de PMA cet été. Je comprends bien ce que tu écris. A l’annonce de ce nouvel échec suite à la 1ere FIV je n’avais plus envie de rien, J’étais là et j’attendais que le temps passe, avec ma souffrance. Je ne voulais pas enchainer, je voulais arrêter 7 annonces de négatif en quelques mois c’était bien trop.
    J’ai décider d’une pause, une longue pause pendant tout l’été. On devrait reprendre là, fin août/début septembre) pour le 1er TEC de ma 1ere FIV.
    Je suis rentrée chez moi, revu ma ville, ma famille, mes amis. J’ai fait tout ce que j’avais envie de faire là bas. Je suis rentrée ressourcée. (bon entre temps j’ai remplacée les collègues en congé et je suis crevée mais c’est une autre histoire)
    Je me sens beaucoup plus sereine et prête a reprendre, j’ai même hâte, même si je me demande si je suis quand même vraiment prête. ( on est pas a un paradoxe près hein)
    J’ai ma psy aussi et ça m’aide, parce que je sais que si jamais ça va pas, elle sera là.

    Depuis le début je tenais absolument a garder ma vie aussi normale que possible. Alors clairement, tout a été calé sur la PMA mais j’ai continué mon sport autant que possible. Et je compte bien continuer comme ça l’an prochain, même si je dois faire des adaptations.

    Si tu te sens si mal, pourquoi ne prendrais tu pas du temps pour toi? pour votre couple? Un pause ressourçant ça peut aider.

    Courage.

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