#187 « Un jour, je suis morte » de Macha Méril

« On dit que nous étions insouciantes, les filles de 68. Nous étions certaines que rien ne serait plus comme avant. En premier le sort des femmes. Non, nous n’étions pas angoissées, comme les filles de trente ans aujourd’hui.
Et d’ailleurs, c’est à elles que je m’adresse.
Je leur dis : n’attendez pas, ne laissez pas votre ventre improductif, procréez, n’écoutez pas les sirènes d’un féminisme qui a troublé les esprits de plusieurs générations. La femme ne s’épanouit tout à fait que si cette question est réglée. Tout le reste peut attendre, vos capacités d’apprendre, d’inventer, d’organiser et de vous rendre utile se développeront si votre féminité s’est exprimée. Et il n’y a pas de plus belle féminité que la maternité, l’enfantement.
Être femme est un privilège, pas un devoir.
C’est un luxe, si j’en juge par ma peine, par la tristesse immense qui s’abat sur les femmes qui ne peuvent pas avoir d’enfant. Saisissez votre chance quand elle se présente, embrassez la vie, ne craignez rien, affrontez le mystère de la procréation, car cela demeurera toujours un mystère, un miracle, que toutes les connaissances scientifiques n’élucideront jamais complètement.
Vivez au plus vite cette aventure.
Si vous ne le faites pas, vous le regretterez un jour.
J’entends le chœur des femmes célibataires qui n’ont pas voulu d’enfant.
Elles affirment que leurs vies sont remplies, qu’une femme n’est pas qu’une ventre, qu’elles sont heureuses et qu’elles se félicitent de ne pas ajouter de malheureux sur cette terre surpeuplée. Je connais tous ces arguments. Je mets ces femmes au défi de m’expliquer ce qu’elles font de si contraignant qui les empêche d’être mères aussi. La force des femmes, c’est précisément cette capacité de se rendre indispensable dans leur travail et en même temps d’être vouée au prolongement de l’espèce.
Elles parviennent à tout faire, certes en se privant de sommeil et de plaisirs personnels, mais elles n’y perdent rien, elles le savent bien.
Elles puisent leur force dans la vitalité de leurs enfants, dans ce retour de jeunesse qui les dope. Celles qui se passent de cette source de vie se privent de la vie même, et confondent confort et bonheur. »

Voilà voilà.
Vais peut-être changer de lecture moi.

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24 réflexions sur “#187 « Un jour, je suis morte » de Macha Méril

  1. Tu as eu bien du courage de le finir ce bouquin, le ton est le même d’un bout à l’autre ? Je comprends tout à fait qu’une femme ne puisse se sentir accomplie qu’une fois mère mais en faire une généralité et un devoir, c’est juste irrespectueux (et degueulasse)
    Les mères qui ne s’épanouissent pas dans leur rôle n’en parlent pas (pas assez ?) ce qui rend ce genre de discours trop courant… un peu comme le fameux « arrête d’y penser ça viendra tout seul » !
    Je te souhaite de tomber sur de meilleures lectures :p

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  2. Moi je vois chaque jour des femmes qui auraient mieux fait de ne pas avoir d’enfant(s) et d’autres qui ont l’intelligence de ne pas « se forcer » alors qu’elles n’en veulent pas. D’ailleurs je pense qu’on ferait bien d’arrêter cette pression sociale selon laquelle « il faut avoir des enfants », ça fait beaucoup trop de malheureux.

    Aimé par 1 personne

  3. euh moi désolée mais j’ai évité de lire même ton article pour cette fois lol
    Voui change de lectures ! je conseille « tu mourras moins bête » !! (BD drole)

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  4. Moi qui galère pour avoir un enfant depuis 2,5ans,
    Qui essaye de me rassurer en me disant que ce n’est peut-être pas une finalité pour une femme d’être maman,
    que j’arriverai à etre heureuse si je n’arrive pas au bout de ce projet, mais qui souffre en attendant d’accepter cette éventualité….

    Je peux dire que cet extrait est ressenti comme un couteau qu’on remue dans la plaie déjà bien profonde !

    Et ça me fait encore plus mal quand je sais que beaucoup de mamans autour de moi ressentent ce genre de chose et auront pitié de moi si je n’arrive pas à l’avoir ce bébé, quand elles apprendront mon abandon de toute tentative. Je ne veux pas de leur pitié !!!!

    Courage pour le traitement qui va commencer !

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  5. Chacun(e) fait bien ce qu’il/elle veut. Je trouve cet extrait plein de jugements et franchement qu’elle se mêle de ses fesses! C’est consternant de lire des trucs pareil!

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  6. Bonjour,juste un petit éclairage. Il y a quelques années,j ai lu un article de l actrice dans Marie Claire très émouvant. Rendue stérile par un avortement,elle expliquait son long combat contre le sort,les essais,les traitements,…en vain… et sa douleur,la rupture avec son compagnon d alors qui voulait des enfants (Stéphane Freiss)… Ceci explique sans doute cela.

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