#183 La culpabilité : le retour !

Au tout début de notre parcours PMA, nous pensions que notre infertilité était uniquement masculine : Lucien avait des résultats de spermogrammes catastrophiques alors que mes examens se révélaient normaux. Par la suite les choses se sont gâtées : découverte de l’adénomyose, d’une insuffisance ovarienne précoce et, plus récemment, d’une qualité ovarienne pas géniale.

Si cette infertilité devenue mixte a presque été un soulagement pour moi (mais c’est un tout autre sujet), depuis il y a la petite voix de la culpabilité qui chuchote dans ma tête. Il y eu celle liée à mon mode de vie, suite à mon rendez-vous avec la naturopathe. Mais il y en a une autre, plus discrète mais contre qui je suis maintenant totalement impuissante : la culpabilité liée à mon passé.

Des années à alterner boulimie et anorexie, peser 40 kilos, courir beaucoup trop et avaler toutes les semaines des plaquettes entières de laxatifs. Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il a forcément un lien avec ce qui m’arrive. Que j’ai amoché la qualité de mes ovocytes à ce moment, depuis mes 17 ans et durant pas loin d’une dizaine d’années. Parce qu’il n’y a pas eu de déclic miraculeux, je ne me suis pas sortie de ça du jour au lendemain. Ça a été progressif et il y a eu de nombreuses rechutes. Aujourd’hui encore, je ne me considère pas guérie (je pense d’ailleurs que l’on ne guérit jamais de ça, mais là encore c’est un tout autre sujet). Si les crises de boulimie et les restrictions sont maintenant derrière moi (sauf gros coup dur), mon alimentation n’est pas franchement des plus saines et mon poids est un peu borderline. La vraie différence (et l’essentiel à mes yeux) se situe dans ma tête : aujourd’hui je me sens (vraiment) bien. Ce qui n’est visiblement pas le cas de mes ovocytes !

Je fais des efforts au quotidien en « pensant PMA ». Je varie mon alimentation et je n’abuse pas sur le sport. Ma naturopathe m’avait d’ailleurs écrit ceci avant mon premier transfert : « Ces embryons sont comme des graines et votre corps comme la terre qui serait prête à les accueillir. Le but est de rendre cette terre la plus riche possible pour qu’elle puisse permettre à ces graines de se développer. Une terre pleine de nutriments sur laquelle ces graines pourront grandir. » Sur le coup j’avais trouvé ça hyper perché, mais finalement ça m’est resté. Un nouveau concept était entré dans ma vie ! Depuis je dis régulièrement à Lucien que « ce midi j’ai fait / ce soir je veux un repas terre fertile ». J’essaye de rattraper le coup sur mes années sombres et surtout ne pas aggraver les choses, tout en étant consciente que je pourrais encore en faire davantage … Sauf que j’ai aussi besoin de vivre pour moi, pas seulement de « vivre PMA. » Et malgré tout je trouve là encore le moyen d’en culpabiliser !

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9 réflexions sur “#183 La culpabilité : le retour !

  1. Je ne suis jamais passée par ce quoi tu es passée et pourtant, jusqu’à il y a peu, en dehors des stims je ne pondais que des ovocytes pourris… la culpabilité est inhérente à notre condition d’êtres humains, certains ont encore plus de talents pour ça que la moyenne, j’en fais partie, mais je suis à peu près sûre que tu n’y es pour rien ! courage ❤

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  2. À bas la culpabilité ! Si ça se trouve, ça a en effet eu une incidence et Si ça se trouve, Pas du tout. Et comme tu ne le sauras jamais, autant ne pas y penser (ou essayer du moins). Et si ça te tracasse, peut être peux-tu aborder le sujet avec Hope ? 😘😘😘

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  3. salut lucienne, ne culpabilise pas, ca ne changera pas ce qui se passe. je te comprends tellement, c’est normal , tu cherches à expliquer le pourquoi du comment, juste, fais de ton mieux, mais « charger la mule » ne fera que te sentir plus mal … courage

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  4. Tu ne devrais pas culpabiliser. Tout ça est derrière toi. Écoute la naturopathe et ne vis pas « PMA ». Vis. Profite de chaque instant avec Lucien. Cela n’exclut pas les rendez-vous, etc. Mais « vis ». C’est important. 😘

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  5. Ah la fameuse culpabilité « je suis infertile, mais en fait c’est parce que je l’ai bien cherché! »… Je me permets de commenter pour la 1ère fois sur ton blog que je suis en sous marin depuis pas mal de temps… Moi aussi je me suis posée les mêmes questions. Autour de 18-21 ans, j’ai commencé à faire très très attention au poids sur la balance, voire à m’arrêter de m’alimenter vraiment et à perdre beaucoup de poids très vite. Mes cycles, qui jusque là étaient normaux, ont commencé à faire n’importe quoi (genre a durer 9 mois). Je n’avais jamais fait le lien avant de chercher à faire un enfant parce que pour moi ça avait commencé avant mes régimes hard core. Mais selon une endocrinologue, le seul fait de commencer à me restreindre et à faire attention quand j’étais deja pas très épaisse a pu perturber mon hypophyse, qui commande tout ça tout ça… Du coup, je me suis demandée si je n’avais pas moi même causé mes OPK, culpabilité bonjour!! …on n’aura jamais vraiment la réponse, ni toi ni moi, mais j’ai fini par me dire que finalement, peu importait, ma situation est telle qu’elle est aujourd’hui de toute façon. Par contre comme toi, j’ai fait attention à bien m’alimenter, autant que faire se peut de façon équilibrée tout en se faisant plaisir (faut pas pousser non plus hein!). Bref, je suis finalement tombée enceinte (pas grace à l’alimentation cela va sans dire, mais disons que ça ne peut pas faire de mal non plus!) et c’est vraiment tout ce que je te souhaite dans les prochains mois (même si je sais oh combien l’attente est dure). Je ne saurai jamais si c’est moi qui me suis « déréglée » le corps, mais bon, malgré tout, ça fait partie de mon histoire… L’important c’est que maintenant tu fais tout ce qu’il faut pour accueillir un petit pois (et sur ce point, tu n’as vraiment pas à te culpabiliser vu tous les traitements que tu absorbes sans broncher). Tu peux être fière de toi Lucienne!

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  6. Hello
    Moi non plus je pense que ca n’a rien à voir.
    Croire y être pour quelque chose, et donc croire pouvoir faire quelque chose… mais non non : heureusement, tu n’y es pour rien, et malheureusement, tu n’y peux rien.
    Arrête de te prendre le chou, profite de cette pause PMA, et commence par… ne pas culpabiliser de culpabiliser !
    Et la naturopathe, si ca te fait du bien continue, mais si c’est pour optimiser ton corps… Bof ca te rajoute de la pression à mon avis, parce que t’arriveras jamais à faire tout ce que internet, les médecins, la naturopathe te disent (sur la durée sans péter un plomb – ou ne pas le faire et culpabiliser)
    PS ; on a suivi toouuut les conseils et eu des résultats… pire.

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    • Je comprends ce que tu ressens car j’ai longtemps culpabilisée aussi. Mais je partage le point de vue d’Amaruyllis: « Ca te rajoute de la pression » et « On a suivi tous les conseils et eu des résultats…pires ».
      Fais ce que tu peux mais surtout laisse toi vivre. On était en infertilité inexpliquée depuis 9 ans. Moi un moment j’en ai eu marre de croire que j’y pouvais qq chose à l’accroche de l’embryon. Après tout, pour avoir fait un tour chez Hope l’an dernier, ce que je retiens c’est la science ne sait toujours pas expliquer pourquoi un embryon s’accroche plutôt qu’ un autre.
      Alors rien ne sert de te battre la coulpe. Tu as fait un super parcours. Repose toi avant le prochain. Te jeter la pierre n’aidera en rien la prochaine fois à être meilleure. N’oublie pas que tout ne dépend pas de toi.

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  7. Je crois qu’on passe toutes et tous par ces phases de culpabilité et on trouve toujours de quoi se reprocher quelque chose. Même moi avec mon mari azoosperme j’ai un jour fini par me dire qu’avec une autre plus fertile (parce qu’au bout du compte je dois pas être plus fertile que lui…) la PMA aurait peut être pu lui offrir un enfant…
    C’est une maladie que tu as eu (et contre laquelle tu te bats encore même si c’est moins dur aujourd’hui) il n’y a pas de culpabilité à avoir, ce n’était pas un choix, ce n’était pas quelque chose sur lequel tu avais quelconque pouvoir, tu l’as subi et même si ça a (peut être) eu des conséquences, tu n’es pas responsable…
    Je t’embrasse

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