#119 Adoption : la première réunion d’information

Hier avait lieu la fameuse réunion d’information, première étape de la demande d’agrément en vue d’une adoption (mais qui n’engage à rien). J’avais un peu peur de m’ennuyer, mais ce fut très intéressant.

Je ne sais pas trop comment vous parler de cette réunion … Je ne vois pas l’intérêt de retranscrire toutes les informations reçues. Néanmoins il y a certaines choses qui m’ont marquées ou surprises. Déjà j’ai découvert qu’il y avait deux types d’adoption : l’adoption plénière et l’adoption simple. Que ma grosse peur, le refus d’agrément, ne concerne même pas 10% des cas (dans notre département). Par contre, si l’agrément est refusé, il y a un délai (énorme) de 30 mois avant de pouvoir faire une nouvelle demande. Et si la procédure pour l’agrément ne dure « que » 9 mois (tout un symbole hein), il n’y a quasiment jamais moins de 3 ans d’attente avant de devenir officiellement parent d’un enfant adopté.

Enfin j’ai noté deux phrases importantes pour moi, parce que je ne me représentais pas du tout les choses comme ça : il y a beaucoup de candidats à l’adoption mais peu d’enfants adoptables (ce qui ne signifie pas qu’il n’y a pas beaucoup d’enfants malheureux évidemment, mais ils ne sont pas juridiquement adoptables). Et l’adoption ce n’est pas trouver un enfant à des parents ; c’est trouver des parents à un enfant.

Il y a aussi eu ce film à la fin, qui mettait l’accent sur le vécu des enfants adoptés. Le traumatisme de l’abandon. De la vie d’avant parfois. Et la nouvelle vie, où l’on est loin du cliché de l’enfant abandonné et triste qui revit auprès de ses parents adoptifs. L’adaptation. L’équilibre à trouver pour chacun des membres de la nouvelle famille. Les cicatrices.

Comment vous résumer tout ce qui m’est passé par la tête durant ces 2 heures 30 ? Moi qui voyais l’adoption comme une évidence, j’ai envisagé les choses différemment. Le parcours déjà. La galère. Dans mon précédent article, j’écrivais : « J’imagine que l’adoption est un parcours du combattant encore « pire » que la PMA. » Hé ben je crois que j’étais en plein dans le mille. C’est long, souvent plus long que peut être un parcours en PMA. C’est cher aussi. Et je n’ai pas noté le chiffre, mais il me semble que bon nombre de candidats détenteurs d’un agrément n’adopte finalement jamais.

Au milieu de cette réunion, j’ai pris conscience du double cataclysme que ça devait être de 1 : devenir parent ; et 2 : devenir parent d’un enfant adopté. Alors j’ai visualisé ma vie idéale : un bébé biologique d’abord, par amour pour Lucien (bon avec un peu de PMA hein, on est pas chez les Bisounours quand même). Et ensuite agrandir notre famille avec des enfants d’ailleurs. Parce que découvrir la parentalité en même temps que l’adoption, ça doit être sacrément costaud. Et suis pas sûre d’avoir les épaules pour ça moi. J’imagine que tout doit être plus simple avec un enfant biologique, que l’on a porté 9 mois dans son ventre et dont on a partagé toutes les premières interactions dès les premières minutes de vie. J’ai l’expression « essuyer les plâtres » qui me vient en tête … Ça craint un peu beaucoup, mais pour être tout à fait honnête c’est ça : je pense que l’adoption est moins compliquée quand on connait déjà ce que c’est d’être parent, même s’il s’agit d’une toute autre forme de parentalité.

Hier j’ai aussi découvert la nuance entre l’adoption d’un « petit », de moins de 3 ans par exemple, et qui n’a pas son mot à dire, et celle d’un « grand » de 7 ans qui peut être « acteur » de son adoption. Jusqu’alors je n’avais imaginé adopter un « grand ». Pour moi, plus l’enfant était jeune et « mieux » c’était. Hé ben c’est encore un point qui a été (plus que) remis en question hier.

Bref, tout cela doit sans doute vous paraître un peu brouillon. Ça l’est, même pour moi. Mais ça prouve bien que cette « simple » réunion d’information a toute son importance dans le parcours de la demande d’agrément. Et que cette démarche est finalement loin d’être aussi évidente qu’elle n’y paraît souvent au premier abord.

En partant, on nous a remis le questionnaire de confirmation de notre demande et la liste des pièces à retourner. Un joli dossier bleu. Qu’allons-nous faire de ce joli dossier bleu ? Rien pour le moment, c’est certain. Juste prendre le temps, réfléchir, parler. Et puis … se marier, sans doute. Parce que, comme l’a dit Lucien, quelle que soit la façon dont on aura un enfant, il est hors de question que l’on ait pas tous le même nom.

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22 réflexions sur “#119 Adoption : la première réunion d’information

  1. Tu sais que mon frère et ma belle-sœur ont adopté grâce à l’ ex-Dass. Ils n’ont rien payé. Quand tu compares à la PMA dans le privé et les dépassements d’honoraires, je pense que c’est moins cher.
    Par contre, je ne vais pas te mentir. Ma belle-sœur a commencé à essayer naturellement à 33 ans, elle est passée par plusieurs FIV, et elle est devenue mère à 42 ans. Elle a commencé les démarches plus tard que toi. Tu as cette chance d’être encore jeune, saisis là ! 😉

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    • Oui on nous a expliqué cette différence entre les divers organismes, ceux où tu dois payer et ceux où tu n’as rien à payer (mais où la liste d’attente est longue comme le bras).

      Et c’est clair que quand on voit les dépassements d’honoraires en privé en PMA … Enfin je me refuse à faire le moindre « calcul » dans cette histoire. Je suis passée dans le privé pour des raisons de « feeling » (je ne me permettrais pas de juger les compétences de mon ancien doc) et je refuse que l’argent (ou le manque d’argent) soit un frein à notre désir d’enfant.

      Ta belle-sœur a eu son enfant par FIV à 42 ans ? Ou via l’adoption ?

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      • Via l’adoption. Elle a eu une fois un œuf clair et sinon les FIV ont échoué. En fait, alors qu’elle allait faire la dernière FIV, elle avait fait les démarches pour l’adoption. En Île de France, la LA est longue. Ils ont dû attendre 3 ans, je crois. 🤔
        Et c’est vrai que notre système est stupide. Il y a des enfants qui passent toute leur enfance dans des foyers alors qu’ils pourraient être choyés par des parents adoptifs.

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        • Notre système et celui des pays étrangers surtout ! Parce que, d’après ce qu’on nous a dit hier, ce sont surtout eux qui font la pluie et le beau temps en décidant d’autoriser ou non les adoptions des enfants de leur pays.

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    • Ah ah merci, enfin ce n’est pas encore fait hein ! ^^ Mais c’est vrai qu’avoir le même nom que mes enfants c’est quelque chose qui compte beaucoup pour moi.

      Une adoption « réussie », où chacun finit par trouver sa place dans la sérénité, ça doit vraiment être quelque chose de très beau.

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      • C’est exactement ce que je me dis : une adoption réussie, ça doit être un beau cadeau et des liens inimaginables. Mais je trouve la PMA déjà si difficile que je ne sais pas si j’aurais le courage d’entreprendre une nouvelle bataille, d’où mon admiration.
        Je suis pareille pour le nom de famille : pas question de ne pas partager le même nom avec mon compagnon et mon/mes enfant(s) 🙂 (c’est parce qu’on est en pma qu’on peut rêver des fois à avoir plusieurs enfants 😉

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  2. Félicitations Lucienne pour ses beaux projets 🥂
    Merci de nous faire partager ton opinion sur cette réunion. Je guettais ton article sur le sujet et redoutais que tu n’en écrives pas. Alors, je te remercie Lucienne. On est seule en PMA, mais pas tant que ça 👬👭👫👭👬👭👫👫👫👫👭👬👫
    Je dois avouer que j’ai hésité à remplir le formulaire le mois dernier pour assister à la réunion… et j’ai lu sur des forums qu’ils n’appréciaient pas que l’on fasse des FIV -ET- les démarches pour l’adoption en même temps… que les filles leur mentaient carrément en disant qu’elles ne faisaient plus de FIV… car il était préférable de faire « le deuil de l’enfant biologique » (ce qui est tout de même logique, mais les délais sont si loooooongs).
    Est-ce qu’ils en ont parlé ?
    Comme j’entamais la deuxième tentative, je me suis dit que remplir le formulaire serait comme refuser que cette tentative fonctionne… du coup, je ne voulais même plus penser à une possibilité d’adoption…
    Sais-tu quelle est la fréquence de ces réunions ? Il y en a plusieurs dans l’année ?
    Enfin (et promis j’arrête avec mes questions), ont-ils parlé d’un âge limite pour les parents adoptants? Je suis une petite vieille de 35 ans 👵🏼
    Merci d’avance Lucienne

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    • La réunion n’engage à rien. Au départ je pensais qu’il fallait d’abord faire une demande officielle d’agrément pour pouvoir y assister, mais en fait non ! Ce qui est une très bonne chose je trouve.

      Pour le nombre de réunions, ça doit dépendre des départements je pense. Chez moi (pour les départements 78 et 92) j’ai cru comprendre qu’il y en avait plusieurs par an, tous les 3 mois je crois.

      Ils n’ont pas évoqué le fait d’être en PMA en parallèle de la démarche d’obtention d’agrément. Ils ont dit que les candidats étaient souvent des gens pour qui la PMA avait été un échec, mais personne n’a évoqué le fait de mener ces deux « batailles » en même temps. J’imagine que tout ça doit surtout se faire au cas par cas … J’espère en tout cas que ceux en PMA ne sont pas d’office « éliminés » !

      Il n’y a pas d’âge limite pour l’agrément.

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  3. En te lisant, je me souviens m’être fait les mêmes réflexions que toi! La durée entre l’agrément et l’adoption, trouver des parents à un enfant et non l’inverse, l’équilibre fragile à trouver au début de cette nouvelle vie, mais je n’avais pas pensé à l’expérience d’un premier enfant, cela me semble en effet important de mener une réflexion à ce sujet aussi… comme quoi, ces réunions se révèlent bien utiles à la réflexion! Merci pour le partage, et je suis très heureuse pour votre union prochaine!!! Gros bisous

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  4. Merci pour cet article Lucienne et pour la réflexion qui en découle aussi ça m’a bien fait cogiter. Je crois que je vais me renseigner pour savoir quand aura lieu cette réunion dans ma région pour y assister. Comme tu le dis ça n’engage à rien mais ça nous permettra une première vision sur ce parcours du combattant qu’est l’adoption 😉
    Super nouvelle pour le mariage 😊
    😘😘😘

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  5. Ca me rappelle des souvenirs cette réunion.. je trouve que tu as bien debriefer, et toutes ces questions sont essentielles pour pouvoir débuter le parcours. Même si au fond, je pense qu’on s’en posent à tous les stades, cela fais deux ans et demie que nous avons notre agrément, et je m’en pose encore souvent. Je suis d’accord avec le fait qu’il faut bien mentionner que la pma est terminée. C’est pas simple d’aborder le sujet face à des psy, ils nous remuent beaucoup. Certains n’ont pas eu l’agrément a cause de ce deuil biologique pas fait. J’en conviens que cet idiot compte tenu des délais d’attente mais bon. Bon courage dans vos réflexions, et félicitations pour votre mariage 😉

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  6. Tu as tout bien résumé… l’adoption, c’est un tout autre parcours mais aussi compliqué, beaucoup de paramètres à prendre en compte, beaucoup de réflexion. On nous a justement refusé l’agrément pour manque de réflexion… ils sont stricts chez nous ! Courage à vous pour la suite, prenez le temps qu’il vous faut à deux.

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  7. Super!!!!! Merci pour ce récit, pour ton regard.
    Je suis du même avis que toi, l’adoption me semble moins tornade lorsqu’on est parent bio. Déjà car il n’y a pas de deuil de l’enfant bio… forcément. Mais aussi car on est parent et on choisi d’agrandir la famille.
    Pour moi aussi adopter un petit, un bébé me semblait mieux au début et quand je vois ma grande de 5 ans, je me dis que oui, en dessous de 7 ans ca me plait. L’enfant est acteur, volontaire. Heureux d’être famille…. pleins de choses qui finalement peuvent se passer beaucoup mieux.

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  8. Une bonne idée que ce mariage !
    L’adoption oui c’est long, difficile, et très incertain. La PMA aussi. Mais il est certain que l’adoption demande une préparation importante, un certain travail à faire sur soi, et qu’une fois l’enfant là… bah ce n’est pas « fini » pour autant, il demandera sans doute plus d’efforts de la part de son parent, plus d’adaptation, plus de…
    Prenez le temps d’en discuter, nous on a mis des années à se sentir prêt, et puis un jour le déclic est venu et aujourd’hui… je n’imagine pas une seconde revenir en PMA, j’ai fait une overdose. Le deuil de l’enfant biologique je l’ai fait, celui de la grossesse aussi (bon ok sans doute parce que je l’ai vécu, même si ça s’est mal terminé).
    Un enfant plus grand est effectivement plus acteur de son adoption, mais il a aussi un vécu plus important et parfois très difficile. Bref chaque âge a « ses avantages et ses inconvénients ».
    Bref vous voilà avec de bonnes discussions en perspective 😉

    Aimé par 1 personne

  9. je redoute cette réunion … car ça voudra dire pour moi passer de l’autre côté … en tant qu’assistante sociale … je devrais alors accepter de lâcher prise et de ne pas être celle qui parle des adoptions … celle qui s’occupe des bouts de choux nés sous X (je suis assistante sociale en néonat) et qui imagine que ce bébé va faire le bonheur d’un couple de parents 2 mois plus tard …
    Pfiou … et en même temps, on s’est dit que si nous avions un nouvel échec avec le prochain TEC … on se lançait dans les démarches …
    Merci pour ton témoignage !

    Aimé par 1 personne

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